Le loup de Wall Street

Aujourd’hui, il ne reste plus que Tristan et moi. On s’est programmé un parcours un peu loose dans le Sud de Manhattan. C’est bientôt la fin, mais il nous reste des incontournables à faire.

On sort du métro au quartier des affaires. C’est plus par curiosité qu’on est passé devant Wall Street, la place la plus décevante du voyage. J’ai du mal à croire que tant de merdes sont causées par une bande de sociopathes se retrouvant dans ce bâtiment pour décider du sort du monde, et qu’on se tient juste devant. Mais soyons honnêtes, c’est juste mon côté cynique qui ressort.

Les rues ont quelque chose de vraiment unique. Elles sont étroites, courbes, anciennes. Mais surtout, elles sont quasi dépourvues de vie. On décide de rejoindre le bord de l’eau, afin de voir une dernière fois les ponts et leurs couleurs.

Chinatown et Little Italy

Depuis un quai en bois, où est amarré un grand bateau à voiles reconverti en musée, on peut voir le mur que forment les façades des buildings du quartier des affaires. Le plan pour le reste de la matinée : gambader dans Chinatown. On compte bien tester sa réputation comme quartier où se trouver à bouffer !

J’aurais dû prendre une photo du plat qu’on a mangé dans ce resto chinois. Le chef niaisait bien avec nous, nous demandions d’y aller doucement sur le piquant. C’est honteux de si mal supporter les épices.

On traverse à peine une rue que nous voilà à la Petite Italie. On dirait une parodie. Tout ressemble à ce que les Américains pensent que l’Italie est. Il y a des pizzerias presque partout.

Honnêtement c’est charmant. Les rues sont colorées, animées et pleines de symboles. Chaque quartier est une bulle où on oublie le reste de la ville.

Staten Island Ferry

La fin de la journée approche alors que le soleil descend vers l’horizon. J’attends ce moment depuis des jours. On marche le pas pressé jusqu’au Battery Park, à la pointe sud de Manhattan. Le Dorothy Day nous y attend. Dans quelques minutes, il traversera la baie pour naviguer jusqu’à Staten Island.

On se faufile au milieu de la foule dense qui fait le trajet avec nous. Derrière nous, la skyline rapetisse à chaque minute qui passe. On est nombreux à être sur l’embarcation pour la même raison. Il faut dire que c’est une des plus belles vues de la ville. Le ciel est d’un bleu parfait au-dessus de nos têtes, et d’un jaune virant à l’orange là où le soleil brille.

Elle est là, à quelques centaines de mètres de l’embarcation. On passe furtivement devant elle, qui a l’air si petite à côté des géants de Manhattan. Dehors, le vent souffle et l’air se refroidit On est plusieurs à se réfugier à l’intérieur, profitant des derniers rayons de soleil depuis le confort du ferry.

On fait demi-tour à Staten Island. La majorité de la foule court vers l’embarcation qui assure le retour. En voyant les immeubles au loin, je me sens légèrement mélancolique. Je laisse la scène se dérouler devant moi en silence.

Ce voyage prend fin de la meilleure des manières. On écoute à peine les ordres des agents de sécurité qui crient à la foule de se diriger vers la sortie. C’est seulement après que le soleil se soit couché dans un merveilleux éclat rougeâtre que nous décidons d’écouter. Notre journée n’est pas tout à fait terminée. Il nous faut encore attendre notre bus jusqu’à minuit.

Pourtant, on ressent en nous que le voyage a pris fin. On est heureux. On a tant vu et tant fait. Ces cinq jours ont été une pause dans le temps. De nombreuses autres aventures m’attendent dans les mois qui suivent. L’hiver arrive à sa fin au Québec, et j’ai des idées plein la tête. J’ai hâte de vous montrer tout ça.