Je réalise que je ne sais pas trop comment structurer les articles de ce blog. J’ai plein de choses à montrer et à raconter, mais je n’ai pas encore trouvé une manière fluide et naturelle de tout présenter. En attendant un eurêka, je vais juste écrire, comme ca vient. Cette arrivée à Montréal, ce n’est pas juste des choses à voir, c’est aussi des choses à ressentir, et ca aussi je veux le raconter. Alors je vais alterner entre le récit des choses que je fais, et des réflexions sur mon expérience en tant qu’étudiant loin de sa maison. Bref, comme on dit, mieux vaut faire même si c’est pas parfait que pas faire par ce qu’on veut que ca soit parfait mais qu’on n’y arrive pas (ou un truc du genre).

Ascenseur émotionnel

Mes premiers jours à Montréal sont excitants pour des milliers de raisons. Excitants par ce que tout est nouveau : l’architecture, la nourriture, le rythme de vie et évidemment, l’accent des gens. Ils sont aussi excitants parce qu’ils sont l’occasion de me forger un nouveau train de vie, de rencontrer de nouvelles personnes et d’essayer un tas de nouvelles choses. J’ai toujours eu l’occasion de faire des découvertes lorsque j’étais à Grenoble, mais le changement d’environnement me pousse vraiment à sortir de ma zone de confort.

La vue depuis ma fenêtre peu après le lever du soleil

Je dois quand même avouer que ces premiers jours sont par moments terrifiants. C’est quand je me retrouve seul dans la chambre de mon appartement, après une journée passée à découvrir ce que la vie ici a à m’offrir, que je réalise ce à quel point je suis loin de tout ce qui m’est familier et de tous ceux que j’aime. En somme, il m’arrive de me sentir seul.

Vue sur le quartier Mile End depuis un sentier du Mont Royal

Tout ca est bien triste. Je pourrais m’apitoyer sur mon sort et me dire que c’était une erreur de me lancer dans un tel projet. Mais je sais que ces coups de mou sont ponctuels et de courte durée. Et puis, c’est cliché, mais c’est vrai : être loin de chez soi seul avec soi-même est l’occasion de découvrir qui on est. C’est en affrontant des situations difficiles qu’on découvre de quoi on est capable et qu’on grandit. Je ne me suis jamais senti aussi indépendant que depuis que j’ai dû faire moi-même le choix entre deux paquets de pâtes au supermarché.

Tout ça pour dire que cette première semaine à Montréal peut être un véritable ascenseur émotionnel, mais que le positif triomphe nettement sur le négatif. En somme, même si c’est dur, je suis content d’être là.

Prendre ces marques, c’est…

Prendre ses marques, c’est se créer des repères. Pour moi, ça signifie avant tout trouver où me fournir en bouffe. S’il y a une chose qui peut me remonter le moral, c’est me cuisiner des bons plats. J’avoue être complètement désorienté : aucune des enseignes que j’ai l’habitude de trouver en France n’existent ici. Les « dépanneurs » jonchant les rues fournissent boissons et objets du quotidien, mais pas de quoi faire ses courses. Les épiceries vendent de tout, sauf ce dont tout le monde a besoin ! Je cherche du riz bon sang, par des bonbons goût barbapapa importés de Chine.

J’exagère, évidemment. Je finis par trouver des épiceries bon plan et un super C (équivalent Carrefour) à quelques minutes à pied de chez moi. Oh, et moi qui étais dépaysé, heureusement qu’ils vendent des conserves de lentilles Carrefour (au double du prix) pour me rappeler d’où je viens…

Prendre ses marques, c’est aussi réintégrer à son quotidien ce à quoi on tient. Alors une chose est sûre : il me faut une guitare. Je savais avant de partir que ça allait être un achat de première minute. Jouer de la guitare a un intérêt presque thérapeutique. Avec ça et de la bonne bouffe, je suis assuré d’éviter la dépression. Ma première idée était de me trouver une guitare d’occasion. C’est par hasard en rentrant de mes courses que je suis tombé sur un Pawn Shop vendant des instruments. Je suis alors accueilli par Jason, le plus Québécois des québécois : un adorable gars barbu aux cheveux longs aimant manifestement la bière. Nous parlons pendant bien une heure pendant que j’essaye la collection d’instruments fièrement accrochée au mur.

Malheureusement, aucun de ces instruments ne me satisfont. Il faut comprendre : un artiste de mon calibre peut s’autoriser de telles exigences. C’est par hasard, en marchant le long de la rue Sainte Catherine, que je tombe sur la devanture de Steve’s Music, un magasin que j’avais repéré avant mon départ de Grenoble. J’essaye les guitares premier prix proposées et suis séduit par l’une d’entre elles. Deux jours après, elle était à moi.

Ma Fender CC-60S en acajou

Je fripe, tu fripes, nous fripons

Les friperies à Montréal, c’est presque un phénomène culturel. Je rigole pas, il y en a quatre (que je connaisse) à moins de cinq minutes à pied de chez moi. Elles sont dans un faux bazar et pleines de curiosités. Elles servent du café, du thé et des viennoiseries et invitent à s’asseoir sur une terrasse pour profiter de l’esthétique urbaine unique de Montréal. La culture de la fripe est surtout développée sur le Plateau Montroyal, le quartier célèbre pour sa concentration unique en Parisiens bobos allergiques à l’intégration culturelle. On y trouve aussi nombre de petits cafés branchés, épiceries véganes et magasins de nourriture en vrac.

J’ai profité de mon temps libre pour faire un tour en fripe, notamment à Eva B, que m’a recommandée une amie grenobloise me rejoignant tout juste à Montréal. C’est une mine d’or pour quiconque souhaite s’habiller comme un groupe de musique indie des années 1980. Je passe ensuite voir Eva D, la petite sœur d’Eva B située à 50 mètres plus loin. Je repars les mains vides et la langue brûlée par le thé trop chaud que j’ai bu en terrasse.

Corgi Pawty

Oui oui, c’est vraiment le nom de l’événement auquel j’assiste au Boulevard Saint Laurent cette première semaine à Montréal. La Corgi Pawty est un rassemblement de près de 200 corgi accompagnés de leurs maîtres et maîtresses dont le but est le partage de leur amour pour leur chien. Certains étaient déguisés, d’autres non, mais tout le monde avait le sourire. J’arrive à la place Guilbeault juste à temps pour le levé de corgi.

Parce que je sais que certains et certaines d’entre vous ne peuvent pas se contenter d’une vidéo, j’ai sorti l’appareil photo pour capturer l’événement comme il se doit. J’avoue, je me rends compte en écrivant ce vlog et avec un peu de recul ce à quel point cet événement est ridicule. Mais je m’en fiche, c’est juste hilarant. Pour ceux qui en veulent plus, la page Instagram de l’événement c’est @corgi.pawty.mtl.

C’est tout pour aujourd’hui… Mais la suite arrive très vite ! J’ai fait tellement de choses cette première semaine que l’article d’aujourd’hui aurait été trop long. J’ai hâte de vous montrer la beauté de Montréal dans ce prochain article du blog Montréal.