On a pas dormi non plus
Étant des étudiants assoiffés d’aventure, on a pas attendu les vacances pour s’en organiser. On est mardi soir, j’ai fini ma journée de cours et je me prépare à prendre le bus. Tristan et moi, on part à New York ! On aurait pu s’autoriser un trajet plus confortable en partant de jour, mais à quoi bon gaspiller le précieux temps qu’on a réussi à libérer ? On part de nuit, et on dort dans le bus. C’est comme si notre chambre d’hôtel nous emmenait à destination… à ce près qu’on a pas fermé l’œil.

La frontière est à moins d’une heure de Montréal. On doit quand même sortir du bus à 23 h et parler à des Américains soulés de leur job pour rentrer dans le pays de la liberté (libre de rentrer à condition de payer, ça annonce la couleur). Comme je disais, Tristan, moi et les 10 autres personnes présentes dans ce bus vide et silencieux, traversons la frontière pour vivre le rêve américain. Je me demande pourquoi on n’est pas plus nombreux à avoir eu cette idée. Le prémisse est pourtant séduisant.
Après quelques siestes intermittentes de quinze minutes, on arrive à Penn Station, sur l’île de Manhattan… deux heures plus tôt que prévu. Tu sais ce qu’on dit, New York ne dort jamais. Mais là, il est quatre heures du matin, et il y a vraiment rien à faire. En plus, il pleut et il caille sévère. En aucun cas cela nous décourage.

Entre néons et géants de métal


Que font deux gueux à New York un matin d’automne durant la nuit ? Ils vont à Time Square. On en a tant entendu parler de cette place. On traverse les rues qui s’illuminent un peu plus à chaque intersection. On croise des bars et des cabarets mondialement connus. Les écrans se font de plus en plus nombreux sur les façades des immeubles.



Tout est comme dans les films. Fin, comme dans les films de fin du monde. C’est désert. Tout est illuminé, certes, mais absolument calme. Quelques agents d’entretien traversent les rues. Les food trucks cuisinent pour les deux passants qui vont au travail avant tout le monde, ou qui rentrent en dernier.




Sur Time Square, on ne voit que le sol qui reflète les écrans publicitaires. Sur le moment, on se demande même si c’était un mythe, la surfréquentation de New York. Évidemment, c’est nous qui ne sommes pas dans le bon rythme. C’est mercredi matin, un jour pluvieux d’automne.


On a une idée. Quelques jours plus tôt, j’ai consulté une webcam en direct sur Youtube pour regarder la météo de New York. Je suis tombé sur la webcam de Times Square, qui tourne 24 h sur 24 h. On se met au milieu de la place, on lance le live sur un téléphone pour chercher la caméra, et on fait coucou. Oui oui, c’est nous au milieu, en tout petit.



Après avoir passé une heure au milieu des néons, on décide de marcher dans une direction, n’importe laquelle. On arrive sur la rive de la rivière Hudson, à l’ouest de Manhattan. Tout est bien plus calme ici. Les rues sont sombres, et on aperçoit les buildings du Midtown depuis un grand parking.



Il pleut encore. Toutes les surfaces sont trempées et réfléchissent les phares des voitures. Ce sont les seules créatures vivantes à ce moment de la journée. Nous capturons leurs traces depuis la grille d’un pont.


De l’autre côté de la passerelle, on tombe nez à nez avec un géant de métal. C’est l’Intrepid Museum, un musée de l’aviation installé sur un porte-avions américain. Il est menaçant dans l’obscurité. Bien au-delà de la fascination, on imagine la souffrance qu’il a pu causer. Même si c’est sûrement rien comparé à ce que le poids de nos sacs à dos inflige à nos articulations.


On s’assoit dans un Starbucks, histoire de rattraper une partie de notre nuit et d’attendre le lever du jour. C’est un des seuls commerces ouverts toutes les heures de la journée. On peut simplement s’y assoir pour se reposer. Honnêtement, plus de la moitié de la clientèle est venue faire un somme.

Au moment où je me réveille, les premières lumières du jour pénètrent dans le café par la grande baie vitrée. Dehors, une foule de gens se précipitent sur les trottoirs en se bousculant. On les imagine, eux et leurs parapluies, se diriger vers leur journée de travail acharnée pour survivre à cette jungle urbaine. Nous, on est juste contents de pouvoir enfin explorer.

On prend la direction de Central Park. Il fait toujours un temps pourri, mais ça ne peut qu’être plus agréable dans un parc. On longe la 8ᵉ Avenue jusqu’au Columbus Circle, un grand rond-point où roulent nombre de taxis jaunes. On rentre dans ce centre commercial quelques minutes histoire d’être au chaud un moment et d’attendre que le ciel se dégage.


Des étoiles changeant de couleur sont suspendues au plafond et les nuages bas donnent l’impression que les gratte-ciel mènent tout droit à l’espace. Le ciel se dégage doucement et Tristan s’achète un bagel histoire d’avoir l’énergie de marcher le reste de la matinée.


Central Park sous sa veste d’automne
Je suis le plus heureux. Quand je suis parti, Montréal était déjà sous la neige et les feuilles des arbres avait disparu il y a plusieurs semaines déjà. Ici, les couleurs d’automne persistent jusqu’en décembre. Le orange n’est pas aussi flamboyant que dans les forêts canadiennes, mais il plonge Central Park dans une ambiance unique.


Je remarque une deuxième chose. À Central Park, il y a deux types de personnes : les joggeurs, et les gens qui promènent leur chien en lui mettant des petits vêtements adaptés à la météo. Un chien sur deux est un labrador ou un golden retriever. Je ne manque pas de noter le contraste entre ces gens bien habillés, et nous, les baroudeurs avec nos gros sacs à dos.


Les gratte-ciel s’élancent haut au-dessus de la canopée et percent les nuages, comme cherchant de l’air frais au-delà de la pollution et du chaos urbain. À cette heure de la journée, la majorité des pelouses sont fermées au public. Mais c’est pas plus mal. Si on se couche dans l’herbe maintenant, on se relève plus.








On sort du parc à Grand Army Plaza, afin de se diriger vers la 5ᵉ Avenue. Ça fait déjà plusieurs heures qu’on marche, et on a bien besoin d’un repas consistant. On a repéré un endroit où manger dans le Midtown. En attendant, on déambule. Il y a tellement de choses à voir à chaque coin de rue qu’on en oublie la destination.









Le long de la 5ᵉ Avenue
La Grand Army Plaza offre une ouverture dans la ville entourée d’immeubles. Des pigeons nous offrent un spectacle en initiant un ballet. On descend le long de la 5ᵉ Avenue, les yeux grands ouverts et attentifs aux environs. Sans ça, on aurait manqué le plus bel Apple Store qu’on ait jamais vu. Fin bon, on y est clairement rentré pour s’assoir au chaud.






Dehors, la rue est animée. Les taxis jaunes fusent au milieu du trafic. Distrait par le fait qu’il y a une horloge sur le côté du trottoir, je ne remarque pas qu’on se trouve devant, objectivement, le plus bel immeuble de New York. Du moins… c’est le plus brillant et lustré.



Vous vous souvenez des rues dans les films américains tournés à New York ? On y voit toujours de la fumée sortir des bouches d’égout. Ben c’est pas un mythe ou un effet spécial. Il y a vraiment de la fumée qui sort de partout dans les rues. L’effet est très cinématique. Je vais casser le mystère : c’est juste les fumées du réseau de chaleur urbain, le plus grand du monde qui plus est.






On décide de rentrer dans cette église croisée au hasard des rues. C’est l’église Saint-Thomas. On ne serait pas restés si longtemps si un orgue ne s’était pas soudainement mise à chanter, au moment même où je disais à Tristan que j’adorerais en entendre une. Ce fut un moment hors du temps.


Rockefeller Plaza & pause repas
Avant de manger, on veut passer à la Rockefeller Plaza, du nom d’un homme dont les actions sont dignes d’un méchant de dessin animé : John Davison Rockefeller. On y va pas pour son héritage, mais pour faire les magasins. Pas n’importe quels magasins.








Conclusion, j’ai fait un petit dromadaire jaune en Lego, et j’ai perdu à Mario Kart contre Tristan. Au moins on s’est amusés comme des petits fous. N’empêche c’est vraiment facile de dépenser dans ces magasins, surtout quand tu es le genre de geek qu’on est.


Après cette pause impromptue, nous reprenons la marche en direction du Petit Brésil, où se trouve le restaurant qui sera responsable de notre niveau d’énergie pour le reste de l’après-midi. On s’en va manger à Vegan on the Fly. Et oh mon dieu. Je me retrouve avec une sorte de poutine au poulet végétal délicieuse avec une sauce exactement comme il faut. On est à New York depuis quelques heures seulement mais le séjour commence très bien. Je donne un 10/10.

Dehors, le ciel se dégage, les températures montent et la ville est plus vivante que jamais. C’est difficile de croire que dix heures plus tôt on était à Time Square de nuit sous la pluie dans une ville déserte. Ceci dit, on a déjà marché plus de dix kilomètres et nos pieds sont épuisés. On s’en va trouver un endroit où se reposer, et moi, je vous dis à bientôt pour la suite du séjour !












Ha le kiff ! Hâte de lire la suite 🙂
Magnifiques les photos de nuit. La pluie les rend encore plus belles. Ça me rappelle des souvenirs. Et alors trop bien le coucou au milieu de Times Square 😂
Coucou,
Quel plaisir de te lire et de voir toutes ces belles photos.
On ressent votre plaisir à vivre ces moments qui resteront gravés. Vivement la suite….
Tellement différent de ce que j’ai vu en 2001 sous 40 degrés en août 😆 tu détailles tout c’est génial, et ça change tellement de Montréal. Carrément impatiente de lire a suite. Gros bisous
Gaaaaars, je me délecte tellement de tous ces reportages qui me rappelle de tellement bons souvenirs !! Ça me manque déjà… 🙁 En tout cas c’était vraiment une expérience de fou ces 4 mois et t’as été une superbe rencontre, on se reverra !! Des bises mon gars profite à fond du prochain semestre. (et n’arrête pas les blogs stp c’est trop bien haha)