Accents jaunes

La nuit fut correcte. On a dormi au YMCA au sud-ouest de Manhattan. C’était définitivement pas le choix le plus confortable. Heureusement que je dormais avec le groupe en bonne compagnie ! Je suis réveillé avant tout le monde, alors je décide de faire un tour. Je prépare mon sac pour la journée, je sors, et je marche au hasard dans une direction.


Les rues sont calmes. Quelques travailleurs balayent les rues, ceux qui travaillent le week-end ont déjà commencé leur journée. Je remarque les accents de jaune qui ponctuent les rues : autobus, tuyauteries et cirés jaunes.

Des chiens dans la cours du château fort

Je tourne deux fois à ma droite pour me rendre à la rue Central Park Ouest. Les véhicules font leur ballet habituel au rythme des feux de circulation. Sous le regard des bâtiments, Central Park est comme il était deux jours plus tôt : calme, automnal et un peu sinistre.

Il y a toujours autant de golden retrievers et de labradors, et toujours autant de gens qui font du footing. Je suis trop harassé par les dizaines de milliers de pas que j’ai déjà enchaînés pour comprendre d’où leur vient une telle énergie.

Les chemins, tantôt en terre, tantôt pavés, me guident dans les méandres de la forêt. Je m’assois à chaque vue scénique que je croise. Quelques canards dérangent la surface de temps à autre.

Une espèce de château à la Disneyland se dessine derrière la canopée. À mon grand désespoir, il n’y a aucune princesse à sauver… À la place : des touristes (je suis pas vraiiment un touriste, plutôt un voyageur, enfin ça c’est ce que je me dis).

C’est rien de plus que l’office du tourisme. Ne vous méprenez pas, je suis ravi ! Depuis que je suis arrivé, je tapisse le mur de ma chambre avec les cartes postales des coins que je visite. Puis faut bien que je fasse regretter aux autres de se lever si tard.

Après avoir lentement déambulé dans le parc, je m’assois flâner face au reflet de la skyline se dessinant dans un lac. Sérieusement, jamais ils se lèvent ?

Nan sérieux, ça parait pas, mais bientôt deux heures sont passées avant que mon téléphone me rassure par une notification. Point de rendez-vous : le musée d’Histoire naturelle de New York. Culte ! Évidemment que j’ai pensé à cet iconique film.

Je les rejoins en traversant les rues résidentielles. Il reste encore des citrouilles au pas de porte. Cette ville me fait vraiment penser à Montréal. Chaque quartier a une architecture unique, mais toujours organisée selon une grille rigoureuse, où les rues sont longues et droites et se croisent toujours en angle droit.

Tristan capture la poésie de la ville avec un œil si différent du mien, et je trouve ça toujours aussi fascinant. C’est lui qui a pris les photos le reste de la journée. C’est l’occasion pour vous et pour moi de changer de perspective, en zoomant un peu plus sur les détails de l’environnement auxquels on oublie de faire attention.

Une nuit au musée

Dès l’entrée, le décor est iconique. De grands squelettes de dinosaures posent fièrement au centre de la pièce. On réalise que le musée est immense, et qu’il va falloir sélectionner les expositions auxquelles on veut assister si on veut éviter de faire la fermeture.

La mythique exposition sur les dinosaures mérite sa réputation. C’est la plus belle collection du monde, après tout. Mais ce sont les autres expositions qui nous en on vraiment mis plein les yeux. Les animaux ont l’air vivants devant les peintures des milieux qu’ils habitaient.

Des artefacts, témoins de l’existence de peuples anciens et disparus, nous ont interpellés les uns après les autres. On se doute que bien des histoires sont racontées au travers de mises en scènes orchestrées par le musée, et que ces peuples ne s(y reconnaitraient sûrement pas ils pouvaient voyager dans le temps. Pour autant, on joue le jeu, et c’est fascinant.

On entre dans cette grande pièce, parmi tant d’autres,. Au centre : une baleine, immense. On se couche au sol juste au dessous, ensemble avec des dizaines d’autres visiteurs. On ressent un vertige face au gigantisme des créatures qui sillonnent aujourd’hui les océans. C’est rare que je frissonne dans un musée.

Le reste du musée doit rester un secret pour le moment, afin que vous puissiez un jour, je l’espère, le vivre vous-mêmes. La journée ne s’est pas finie à la sortie du musée. Nous sommes allés manger ensemble pas loin de là, avant de faire les fous dans Central Park au milieu de la nuit.