The Vessel, ou le vaisseau spatial

On se réveille le deuxième jour de notre voyage après avoir sommeillé pendant un tour du cadran. Aujourd’hui, des amis français de Montréal nous rejoignent. Avant de les retrouver et de passer les deux prochains jours avec eux, on repart dans les rues pour découvrir encore un peu plus la ville.

Une palette de couleurs domine : entre les bâtiments de béton beiges de la tête au pied, des taxis jaunes sillonnent les rues. Tout le monde semble avoir une mission claire et définie. Ils marchent le regard droit devant eux. Nous, on regarde en l’air, à droite et à gauche. On capte l’ambiance par les cinq sens.

On s’amuse à remarquer des bizarreries tout à fait insignifiantes. Il arrive qu’entre deux immenses immeubles, un terrain presque vague serve de parking. Pour gagner de la place, les voitures sont parfois empilées. Ce qui est fascinant, c’est la variété des usages. Dans la jungle, chaque bout d’espace est occupé par une forme de vie différente.

On arrive à Chelsea, et plus particulièrement au Vessel, un bâtiment, ou une structure, ou une œuvre d’art… Il est difficile à décrire. Planté là, au milieu d’une cour en béton, entouré de gratte-ciel, il fait tache. Contrairement à ses voisins, cet alien est couleur bronze. On passe à côté en lui jetant quelques coups d’œil, sans pour autant avoir envie d’y grimper.

Depuis la High Line

La raison principale pour laquelle on est venu ici, c’est pour la High Line. C’est une ancienne voie ferrée, aujourd’hui piétonne, qui traverse Chelsea surélevée au dessus de la rue, comme suspendue au milieu des tours.

Dans sa première partie, on passe au dessus d’un champ de métros à l’arrêt. L’immense poids des immeubles repose sur quelques piliers seulement, entre lesquels circulent les serpents de fer. Sous nos pieds, des travaux rompent le bruit ambiant de la circulation routière.

On marche la tête en l’air, à déchiffrer les reflets sur les vitres des immeubles. La High Line n’est pas qu’un simple passage surélevé dans la ville. Des œuvres d’art y sont exposées, des espaces sont aménagés pour permettre la rencontre entre des amis et des étrangers. On passe à côté d’un groupe de personnes travaillant avec les plantes, soigneusement sélectionnées et présentées.

Sur une autre portion de la High Line, on aperçoit Dinosaur, la statue d’aluminium d’Iván Argote. De manière très comique, il renverse totalement le jeu d’échelle entre humain et oiseau. Si il y a une statue à New York qui représente le mieux la ville, c’est celle-ci.

Pendant notre marche, je suis vraiment fasciné par la juxtaposition entre le vieux et le nouveau. Je remarque aussi à quel point le nouveau est stérile comparé aux matériaux, aux couleurs et aux formes des vieux bâtiments new-yorkais.

La High Line surplombe des rues animées et en plein éveil. Les restaurants se préparent à l’arrivée des clients, les gens marchent vers leur lieu de travail, certains déambulent. J’aime être témoin de cette vie bourgeonnante et fourmillante.

Depuis notre arrivée, plein de panneaux publicitaires faisant la promotion des vues sur la ville essayent d’attraper notre attention. Pourtant, aucune vue ne nous attire autant que celle depuis l’Empire State Building, dominant la canopée comme un arbre millénaire au milieu d’une jeune forêt.

C’est ainsi que la High Line se finit, au niveau de l’observation deck, par une vue sur la 10e avenue et son paysage urbain coloré. J’aime les touches de jaune qu’apportent les taxis au milieu d’une mer de véhicules aux tons gris.

Little Island & le rooftop park du Pier 57

On est encore à Chelsea quand on descend de la High Line. Tristan m’avait parlé d’un parc super original construit récemment sur le bord de la rivière Hudson : Little Island. Je ne savais pas à quoi m’attendre, mais je m’attendais pas à ca !

C’est un parc entièrement construit sur des piliers en béton plongeant directement dans la rivière. On a du mal à discerner les touristes des locaux, mais ce qui est sûr, c’est que l’endroit rassemble. Certains viennent voir la vue sur le downtown, d’autres se promènent en famille, tandis que quelques fous font du footing.

Tristan m’invite à le suivre jusqu’au Pier 57. A l’intérieur, les restaurants proposent des cartes du monde entier. Bien qu’un repas ne ferait pas de mal, c’est pas pour ça qu’il m’amène ici. Sur le toit, il y a une vue imprenable sur Little Island et la ville au delà.

Chelsea Market

Notre début de séjour à deux prend fin. Jeanne et Théa nous rejoignent à Little Island pour manger le repas du midi. Elles restent deux jours et demi, de quoi changer le rythme de notre voyage et nous faire passer par des coins qu’on aurait autrement ignorés.

Elles nous emmènent au Chelsea Market, une halle où se vendent surtout plein de trucs artistiques chers destinés aux touristes qui cherchent LE souvenir à ramener chez eux. Ce qui, sans surprise, séduit une partie du groupe. On part ensuite (évidemment) en quête d’un repas. Jusqu’ici, trouver un restaurant avec au moins une option végane a pas été difficile.

Ici en revanche, les choses se corsent. Une partie du groupe veut manger dans un resto qui se veut clairement antagoniste à la démarche. Heureusement que je trouve un truc à emporter dans la halle. Bon. La seule option était un restaurant israélien appelé le Miznon. Je m’en suis un peu voulu, et je ferai surement un cauchemar ou deux. Je choisie de prendre une pita avec un chou-fleur grillé, qui, ma foi, était parfait.

La journée est loin d’être finie, mais la suite arrivera la semaine prochaine ! Pendant la période des fêtes, je me suit fais plaisir à prendre mon appareil photo avec moi dans les rues enneigées de la ville. Alors en attendant, je vous propose un retour à Montréal et son climat polaire.