A travers champs et sous-bois

Je vous ai promis que la deuxième partie arriverait vite, alors la voilà ! Le troisième jour du stage débute, et les choses se corsent. On se rassemble tous dans la salle commune après le petit déjeuner pour organiser la matinée. L’objectif : former des groupes qui iront chacun découvrir leur coin de la forêt environnante pour y faire des observations sur la faune, les reliefs et les installations humaines. On met nos chaussures, on prend nos carnets de notes et prend la route vers l’inconnu.

Tristan est déterminé à identifier toutes les plantes et subtilités dans les paysages le long de la sortie. J’avoue savoir différencier une feuillue d’un résineux, mais faut pas m’en demander plus. A part mon manque apparent de connaissances sur le monde naturel, je n’ai aucun souci à apprécier la beauté et la fraîcheur du sous-bois. C’est alors qu’on arrive face à face avec une falaise offrant une vue extraordinaire sur la canopée.

On prend bien trop notre temps. On devrait déjà être à l’auberge quand on se rend compte qu’on est de l’autre côté du lac en coeur. Je l’oublie très vite aussitôt que je tombe nez à nez avec une centaine de bernaches. Je les ai vus traversant le ciel au crépuscule et à l’aube les deux derniers jours. Elles passent leurs derniers jours au Québec avant de migrer vers le Sud du continent pour l’hiver.

As-tu vu les cailloux ?

C’est tout ce qu’il y a à rapporter de l’activité de début d’après-midi. S’il y a un truc qui m’est abstrait, ce sont les cailloux. On arrive sur un bout de route en terre battue, et sur Hans, sur le bord, qui creuse avec une pelle. Il pointe ensuite le sol avec son bâton et nous apprend tout un tas de trucs sur les cailloux et autres trucs qu’il y a dans le sol.

Je dois dire que jusqu’ici, j’adore l’ambiance. C’est très peu « sérieux », mais tout le monde est respectueux et enthousiaste à l’idée d’apprendre de nouvelles choses. L’organisation peut par moment être chaotique, mais tout finit par marcher. Les professeurs s’attendent à être tutoyés et considérés comme des égaux. Je trouve ça particulièrement appréciable en contraste avec le besoin de sérieux constant en France.

Diggy diggy hole

Nous voila de nouveau à une tourbière, cette fois bien moins accessible. On doit se faufiler pendant de longues minutes entre les branches de la forêt dense qui séparent la route parcourue juste avant et l’ouverture de la tourbière.

Cette fois, l’objectif est purement méthodologique. On a apporté l’équipement lourd et on est prêt à creuser et extraire de la tourbe. J’ai même eu l’occasion de me salir les mains en aidant à retirer la sonde permettant de mesurer la profondeur de la tourbière.

Ca, c’est un carottier russe. C’est une dalle de fer bien trop lourde pour être transportée dans nos conditions, mais bien utile pour sortir une tranche parfaite. On me voit ici tenir dans mes mains de la tourbe de plusieurs milliers d’années.

J’adore avoir la possibilité d’être sur le terrain, de découvrir ces paysages et de manipuler tous ces outils. C’est vraiment une expérience riche que me propose l’université ici au Québec. Sinon, voici Rémy qui fait une sieste le soir après l’épuisante journée qu’on a passée, en écoutant de la musique cubaine.

Des cailloux, encore des cailloux…

Des étudiants de géologie nous rejoignent aujourd’hui pour l’activité de la journée dédiée à l’étude géologique de la région de Shawinigan. Pas besoin de préciser que c’est pas l’activité qui m’excite le plus. Il reste que je m’apprête à découvrir de nouveaux paysages sous un ciel parfaitement bleu et air parfaitement frais.

J’essaye d’être concentré et d’apprendre des choses, mais le niveau est vraiment trop élevé pour moi qui n’ai jamais fait de géologie. Je vois tout le monde autour de moi être fasciné par ces pierres et leurs éléments rosâtres. Mais bon… ce sont des cailloux.

On s’arrête en chemin au bord d’un lac pour écouter un gars qui s’appelle Rodolphe parler de son travail de recherche. Il étudie la privatisation des lacs au Québec. Je vous ai prévenu, c’est du haut niveau les activités aujourd’hui. Outre les blagues, c’est vraiment intéressant. La quasi totalité des bords de lac du Québec sont privés et inaccessibles. Le Québec est souvent présenté comme riche de par ses nombreux lacs. Mais en pratique, ils sont quasiment tous inaccessibles.

On s’arrête manger le repas du midi en face d’une petite cascade. Mon repas du midi ? Un paquet de chips premier prix. Que dis-je, de croustilles, comme ils disent ici.

Le prochain arrêt se situe derrière le terrain d’une belle maison de campagne, au bord d’un cours d’eau. Toujours aussi optimiste de nous montrer des cartes géologiques, Olivier nous raconte l’histoire géologique du coin. Comme tout professeur de géographie physique qui se respecte, il sort une pelle et dégage une coupe de sol après avoir marché dans l’eau jusqu’aux genoux sans broncher.

Les chaussures pleines de sables, mais heureux

La dernière activité de la journée a lieu… dans une carrière. On arrive en voiture dans ce décor lunaire sans plus d’explication. J’ai comme le sentiment que c’est pour nous récompenser pour notre patience lors du reste de la journée, ou alors se faire pardonner, ou les deux.

On se met en route vers l’autre côté de la carrière sans vraiment avoir d’explications. On est juste content d’être ici après une journée épuisante. Aussitôt que j’arrive à destination, j’en vois qui montent sur les piles de sable. Mon premier réflexe ? Faire pareil, évidemment.

J’avoue que la vue d’en haut vaut le remplissage des chaussures avec du sable. Je n’ai aucune idée de l’objectif de cette activité, mais les professeurs ont l’air divertis par notre appropriation du lieu.

Je retourne à Montréal peu après le coucher du soleil, satisfait par cette semaine de stage en territoire inconnu. Ce n’est pas pour autant que je vais pouvoir me reposer ! Quelques semaines plus tôt, un groupe d’étudiants de géographie m’ont proposé un voyage avec eux. Je garde les détails pour le prochain article. A très vite !